La centième
Plusieurs matins par semaine il se postait à la fenêtre. Plus personne ne venait à ce niveau, en témoignait la couche épaisse de poussière qui recouvrait le plancher. Chaque pas soulevait des volutes fainéants qui se recouchaient lourdement. Il scrutait la mer de nuage qu’il surplombait. La tour devait maintenant être immense, elle ne s’arrêtait jamais de monter, laissant des étages inférieurs inhabités. Il aimait ses endroits où il pouvait se cacher des heures durant et dessiner un monde où il pourrait marcher en ligne droite pendant des heures. Pour la centième fois il s’accouda au rebord, pris une profonde inspiration et lança l’avion en papier de toutes ses forces. Le message qu’il avait écrit cette fois-ci était très simple : “Hello, mon nom est Tam !”
