La centième
Plusieurs matins par semaine il se postait à la fenêtre. Plus personne ne venait à ce niveau, en témoignait la couche épaisse de poussière qui recouvrait le plancher. Chaque pas soulevait des volutes fainéants qui se recouchaient lourdement. Il scrutait la mer de nuage qu’il surplombait. La tour devait maintenant être immense, elle ne s’arrêtait jamais de monter, laissant des étages inférieurs inhabités. Il aimait ses endroits où il pouvait se cacher des heures durant et dessiner un monde où il pourrait marcher en ligne droite pendant des heures. Pour la centième fois il s’accouda au rebord, pris une profonde inspiration et lança l’avion en papier de toutes ses forces. Le message qu’il avait écrit cette fois-ci était très simple : “Hello, mon nom est Tam !”
Crabox
La source pensait que tout le monde le détestait. Il se lamentait et sanglotait et pleurait. “Pourquoi personne ne m’aime ?”
Il se répétait cette question sans cesse. “Pourquoi personne ne m’aime ? Qu’est-ce que j’ai fait ?” Il se prenaitt la tête entre ses mains dégoulinantes de larmes et la secouait lentement. Parfois, lorsque au plus fort de l’été la nature se faisait si joyeuse et paisible, il s’arrêtait un instant de gémir.
Ca ne durait jamais longtemps, la fontaine reprenait et il recommençait à renifler lamentablement. L’eau ruisselait le long de son corps, rebondissait en cascades et s’épendait autour de lui.
So follow me,
1 contre 12
Un bon ami à moi m’a donné un truc qu’il utilisait lorsqu’il croisait des bandes de gorilles dans la cîté ou il vivait. Au moment précis où il les dépassait, c’est à dire le moment où ceux-ci auraient pu lui adresser la parole et potentiellement l’agresser, il se mettait à bailler à s’en décrocher la machoire. Ca créait une rupture dans le rapport de forces qui ne manquerait pas de s’ammorcer. Moi qui a grandi entre deux ensembles de barres, j’ai du mettre inconsciement en oeuvre ce genre de stratagèmes : je n’ai jamais vraiment eu d’ennuis. Mais il faut croire que les choses ont changé depuis vingt ans.
Les tunnels
Chaque nuit, ils les bombardent. Chaque jour, à 5 h, après s’être assuré que ses deux fillettes dormaient bien, l’ainée serrant la plus petite, il descend rejoindre son frère qui l’attend déjà en bas sur sa petite moto japonaise. C’est le genre à arriver en avance, son frère. Il ne se laisse pas réveiller par le passage des f16, ni par les explosions à moins de 100 m de son appart. Tranquillement il fume une cigarette, la dernière de la journée. Après un court trajet, il s’arrête dans un terrain vague et cachent la moto sous une bache. Il soulève une caisse et entreprend de descendre dans le tunnel ainsi révélé. L’air saturé de poussière est atrocement chaud. Il transpire instantanément sous le cheich qu’il s’est noué autour du visage. Il balade sa lampe torche et constate les dégats. Ca va. Ils vont creuser la matinée et le boyau sera à nouveau opérationnel. Normalement un jeune cousin les accompagne, mais il est tombé malade à cause du phosphore des bombes qui se mèle au sable. Pour ramener quelques cartons de cigarettes, des médicaments s’ils ont de la chance, il creuse sous le mur.
Marcel revient
“Ah les saligauds, qu’est-ce qu’il vous on fait !”. Retenant à grand peine les pleurs qui lui déchiraient la poitrine, il sortit son mouchoir immaculé et entrepris de nettoyer le malheureux ubus. Durant tout son dur périple il s’était imaginé la fête que ce serait à son retour…
Comment tout ça avait pu se produire ? Il l’ignorait. Les hommes du village avaient toujours été pondérés, pourtant une frénésie s’était emparé d’eux. Ils avaient saccagé la campagne pour trouver du minerai et détourné le ruisseau pour nettoyer le materiau brut. A présent une boue toxique suintait des manufactures qui avaient poussé comme des champignons mortels.
“Je dois trouver le responsable de tout cela, s’exclama le jeune homme”.
Message personnel
Salut les amis je pars en vacances pour 10 jours, alors pour vous faire patienter, je vous ai concocté une petite anime flash toute pourrie.
Voilà en ce moment je tripe bien sur Shadow of the Colossus
Feel good inc

L’ennui fatigue, la plus grande source d’épuisement de notre société ne vient pas du travail, mais de l’ennui au travail. On se lève en pleine forme, on prend le bus après avoir attendu sous la pluie, puis on s’assoit les pieds trempés devant un ordinateur qui vous observe de son grand oeil morne. On lit les news, quelques mails, un ou deux sites pornos pendant que le patron engueule la standardiste. Il n’est que dix heures mais on dort déjà debout. 1 litre de café et un paquet de camel ne pourront rien y changer. On est tellement épuisé qu’on arrive plus à dormir, alors on mélange alcool et télévision en espérant que demain le réveil ne sonnera plus jamais.
C’est dimanche, alors bon dimanche,

sous vos applaudissements.
Drones

Le drone ou UAV (pour Unmanned Aerial Vehicle), cet avion sans pilote permet d’emporter du matériel aussi bien pour des missions de reconnaissance, que de soutient en opération. Même si on est encore loin du t1000, ils représentent le futur de la guerre. Un futur sans visage… Car si ils enlèvent toute notion de danger pour l’équipage, les engins étant pilotés par des opérateurs basés à des kilomètres de là, on peut facilement imaginer les dérapages liés à un sentiment d’invulnerabilité. De plus les populations civiles vivent encore plus mal le fait d’être menacé par des machines.





